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« Pentagon Papers », toute une réflexion sur les enjeux du journalisme et des lanceurs d’alerte.

Quentin Saison 0

Ce soir là, c’est Spielberg. Spielberg, c’est souvent la séance de l’année, celle dont on se délecte avant même d’y avoir assistée. Et même si ce soir, elle est en VF, nous gratifiant de la voix nasillarde d’un Tom Hanks bien moins charismatique qu’en VO, rien n’y fait : Pentagon Papers est un véritable coup de coeur.

Les Pentagon Papers, c’est une histoire réelle. Une histoire qui s’ancre dans les Etats-Unis de la guerre du Vietnam, du gouvernement Nixon, des pacifiste et des cigares dans les super-marchés. Il s’agit là des États-Unis de 1971, que d’aucun savent partagés entre des mouvement hippies prônant la paix et un gouvernement de droite empêtré dans une guerre controversée. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’affaire des Pentagon Papers, une suite de révélations permises par le lanceur d’alerte Daniel Ellsberg. Les citoyens américains y apprendront les nombreux mensonges de leurs dirigeants successifs, et le background-psychopolitique des preneurs de décision durant la guerre du Vietnam.

C’est ce scandale que Spielberg a décidé de transcender sur grand écran, avec succès. Il faut dire que toutes les conditions étaient réunies pour faire de ce film un chef d’œuvre. Une histoire palpitante. Un Tom Hanks plus mature que jamais dans son rôle de rédac’chef idéaliste. Une Meryl Streep interprétant à merveille les tourments d’une directrice de journal. Une bande-son aux petits oignons du grand monsieur qu’est John Williams. Vraiment, une réussite. Le film a beau être manichéen, il n’en est pas moins passionnant, et c’est cette idéalisation du journalisme qui, sans nul doute, donne ce côté épique à Pentagon Papers. C’est le tiraillement des journalistes, entre « publier et tout perdre » ou « s’auto-censurer et trahir ses convictions », qui offre toute une symbolique au film. C’est un rappel de la vraie mission du journaliste : informer l’opinion publique, quelles qu’en soient les conséquences… ou presque. Presque, car plusieurs fois dans le film revient un problème à la fois éthique et judiciaire, à savoir l’influence qu’aura la publication des 7000 pages constituant les Pentagon Papers sur les soldats alors au Vietnam. Se pose donc la question de la responsabilité du journaliste : doit-il publier des documents d’intérêt public au risque de mettre en danger une partie dudit public ? Une autre question, celle du rapport entre la sources et le journaliste, est abordée. Le rédacteur en chef du Washington Post en arrive à la conclusion qu’il n’est pas possible d’entretenir un vrai rapport amical, totalement désintéressé, avec une source tout en restant objectif : vision que ne partage la directrice du Quotidien, mais vous découvrirez la suite par vous-même.

Au final, avec un regard plus attentif, il est étonnant de lire que le film « n’enfonce que des portes-ouvertes », pour citer le Nouvel Obs. Pentagon Papers est donc un film que je vous recommande : il a stimulé en moi cette passion du journalisme ; me vient alors cette superbe réplique de Meryl Streep : « La presse doit servir les gouvernés, pas les gouvernants ».

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