La quantification sociale, c’est l’analytic tournant autour de l’interaction entre soi et son public. Ainsi sur Twitter (mon exemple préféré), on peut comprendre par là le comptage des « J’aime », de retweets, de réponses ou des followers. Lorsque dans le titre j’évoque « moins de quantification sociale », je ne dis pas qu’il faut supprimer les likes des réseaux sociaux. Loin de là, car cela réduirait le champ d’expression. Alors avant de t’offusquer, je te serais reconnaissant de lire ce mood jusqu’au bout :p L’idée me paraissait également idiote au départ, mais elle ne l’est pas tellement.

Avantages et inconvénients de la quantification sociale

Avantages – Rien n’est blanc, rien n’est noir, tout est gris. La quantification sociale présente donc certains avantages. Le principal concerne les web-marketeurs, pour qui cette numérisation est presque indispensable puisqu’elle permet une analyse bien plus exacte de l’efficacité de la communication sur les réseaux sociaux. Elle permet également de (se) donner des objectifs, et si elle est frustrante lorsque les compteurs sont au plus bas, elle est extrêmement plaisante lorsque vous faites 15K RT. Finalement, elle motive les utilisateurs à consommer plus sur Facebook ou Twitter. On connait ainsi les Tweets monnayant des RT contre des nuggets, ou bien des concours basés sur le nombre de likes. Il s’agit finalement d’un catalyseur d’activité sur les réseaux sociaux. Ainsi, la quantification sociale est positive. Tant qu’elle n’est pas poussé dans ses extrêmes.

Inconvénients – Comme je le disais il y a deux lignes, la quantification sociale est souvent poussée dans ses extrêmes, si bien que les réseaux sociaux sont maintenant là pour satisfaire une soif de reconnaissance, et non plus d’interaction. Beaucoup vont jusqu’à adapter leur stratégie de communication afin d’obtenir un maximum de likes, de RT, de commentaires. Si cela est évidemment logique pour les web-marketeurs, il ne devrait pas en être ainsi pour les utilisateurs lambdas. En fait pour beaucoup d’internautes, nous ne sommes plus dans un optique de partage, où les utilisateurs sont dans la discussion, mais dans une logique « nourricière », où l’un parle et l’autre écoute. Or celui qui parle attend de l’autre un like voir un partage, mais pas une réponse. De plus, beaucoup de comptes tombent dans le contenu de mauvaise qualité à cause de cela. J’ai pu discuter avec des instagrameurs reconnaissant faire du mauvais contenu parce que ça fonctionne. On est loin de l’idéal de partage des réseaux sociaux.

Mastodon, exemple imparfait

Mastodon est un exemple imparfait de ce à quoi ressemblerait Twitter sans cette quantification. Ce réseau social libre met très peu en avant les favoris et « repouets » (équivalent du RT). Ainsi ces derniers deviennent secondaires, et on ne poste pas en se disant « est-ce que ça va marcher » mais plutôt « j’ai envie de poster, je poste ». Résultat : plus d’interactivité et une communauté plus soudée.

Si Mastodon voulait en finir avec cette quantification, il lui faudrait cesser de comptabiliser les « j’aime » et les partages sur les publications, tout comme il devrait supprimer le comptage des followers. Il ne faut pourtant pas supprimer le « j’aime » et le partage ! Il est toujours agréable de savoir que Michel a aimé notre avis sur le conflit Israëlo-Palestinien. Et il est indispensable qu’il puisse le partager aux gens qui le suivent.

Pour conclure, je dirais qu’une telle pratique permettrait de revenir en partie à la raison d’être des réseaux sociaux : créer du rapport humain et partager grâce à Internet.  Afin de recentrer les « j’aime », les réponses et les retweets sur ce qu’ils sont : des avis émis par des humains et non des nombres.

Cet article a 3 commentaires

    1. Sympa ton article

      Je ne sais pas si tu connais la série Black Mirror, mais l’épisode 1 de la saison 3 (Nosedive) montre bien ce que cette logique de popularité donne quand elle devient centrale, ou en tout cas suffisamment importante pour surpasser le rapport humain.
      (l’épisode concerne plutôt les « notations », mais ça s’applique aussi)

      1. Merci Je ne connais Black Mirror que de nom, mais on m’en a beaucoup parlé (en très grand bien d’ailleurs), faudrait que je regarde

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