Tu sais tout le respect qu’est le miens envers la liberté d’expression, le droit à la vie privée, et tout ce genre de chose. C’est peut-être le seul sujet que je maîtrise à peu près sur le bout des doigts (du coup on a qu’à dire « le bout des phalanges »). Ainsi j’ai suivi avec beaucoup d’attention les dernières frasques de notre bon Christophe Castaner, alias porte-parole du gouvernement, dixit secrétaire d’Etat, autrement dit « pro-Manu ». Je vais vous retracer le doux périple de notre bien aimé politicien (je précise l’intonation sarcastique de cette dénomination).

28 août 2017
31 août 2017

28 août 2017

Christophe Castaner déclare sur Twitter : « Rien ne menace la liberté si cela permet de lutter efficacement contre le terroriste. » Plus tard dans la soirée, l’intéressé supprime son Tweet, mais Nextinpact, sentant venir le coup, a gardé une capture d’écran de la déclaration déjà polémique. Il est 22h25 lorsque Castaner rétorque : « Il a été supprimé tout simplement parceque le texte exact prononcé sur BFMTV était « ma liberté » et pas « la liberté »… ».

31 août 2017

Invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, Christophe Castaner revient sur son Tweet polémique. « Ma phrase à moi, c’est ‘rien ne menace ma liberté’. La personne qui a twitté pour moi a mis ‘la liberté’. Et il y a une vraie différence. ‘La liberté’, c’est celle des Français, ‘ma liberté’, c’est la mienne. Je considère, pour ceux qui me concerne, que je n’ai pas à avoir peur des moyens des moyens de vérification et de lutte contre le terrorisme parce que je me sens pas terroriste. ».

Tu remarqueras que j’ai été neutre dans cette timeline ! Si ça c’est pas une preuve de bonne volonté… Mais maintenant, j’aimerais qu’on revienne sur les élucubrations de notre bon Christophe Castaner. Je vous rappelle encore un fois (pour ne pas être fiché S suite au titre un peu provocateur) que je respecte tout à fait monsieur Castaner.

Un brin de sémantique, un CM sans défense : recette pour se dédouaner d’une grosse connerie.

Christophe le sait, sa phrase ne passe bien que pour ceux « qui n’ont rien à cacher« . Du coup, quelle est la meilleure manière de se dédouaner ? Tout cracher sur le CM Tu vas me me dire, entre « la liberté » et « ma liberté », à moins de jouer sur les mots, il n’y a pas de grande différence. Et c’est totalement vrai. C’est une vile question de sémantique, et la réalité, c’est que Castaner joue sur les mots pour se dédouaner de sa bourde. En gros il nous prend pour des andouilles, le petit filou (#trashtalk).

Je suis un terroriste car je tiens à mes droits.

Le plus révoltant dans cette affaire, c’est cette phrase de Christophe Castaner : « Je n’ai pas à avoir peur des moyens de vérification et de lutte contre le terrorisme car je ne me sens pas terroriste« . Mais quelle-est donc cette sorcellerie ? Depuis quand tenir à sa vie privée est-il devenu un acte criminel ? Ce que je comprends à travers ses paroles, c’est que moi et le milliers de personnes qui tenons à notre vie privée, au respect de nos droits et souhaitons pouvoir avoir confiance en l’Etat, sommes des terroristes. Tout comme les utilisateurs de Telegram, et de What’s app, et de Signal. Dans le genre amalgame stupide et irraisonné, on est vraiment pas mal. Stigmatiser les défenseurs de leurs droits, est-ce là le rôle d’un secrétaire d’état ? D’un représentant de la nation auprès de la plèbe ? Finalement je reviens sur mes paroles, je ne peux respecter Christophe Castaner.

Il faut avoir peur de ces lois.

Castaner a tort. Il faut avoir peur des lois de renseignement mises en place sur les citoyens. La guerre du renseignement est primordiale, elle l’est tout autant que la lutte antiterroriste; mais les dérives de cette lutte sont bien réelles. Il est du devoir de chaque citoyen responsable et conscient de s’interroger sur la légitimité de certaines mesures, du détournement qui en est fait, et surtout de se poser la question suivante : « Suis-je prêt à sacrifier ma liberté au profit de ma sécurité ? ». Si la réponse est oui, je suis vraiment désolé pour toi. En revanche, si c’est une réponse négative, demande toi si les mesures antiterroriste ne remettent pas en cause ta liberté d’agir. Et si toi tu n’agis pas, remémore toi cette phrase d’Edward Snowden :

Lorsque vous dites « le droit à la vie privée ne me préoccupe pas, parce que je n’ai rien à cacher », cela ne fait aucune différence avec le fait de dire « Je me moque du droit à la liberté d’expression parce que je n’ai rien à dire », ou « de la liberté de la presse parce que je n’ai rien à écrire »

Car l’Etat est là pour nous permettre d’exercer nos libertés, et non pour tuer nos libertés au profit de notre sécurité.

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