Aux dernières nouvelles, et au risque de te décevoir, je ne suis pas un tueur en série. Je n’ai pas de problèmes de drogue, de trafic d’enfant, ni de séquestration. Cela signifie-t-il pour autant que je n’ai rien à cacher ?

C’est souvent l’argument que l’on oppose aux libristes. Pourquoi ferais-je attention à mes données, puisque je n’ai rien à cacher ? A cette aberration, qui n’en est malheureusement pas une pour nombre d’individus, viennent s’opposer toute une flopée d’arguments. Je ne vais pas tous te les restituer, car ça ne serait pas passionnant : tous les gens ayant eu l’intelligence de s’intéresser un tant soit peu à l’opensource les connaissent. Néanmoins, si ça n’est pas ton cas -je ne te blâme pas, mieux vaut tard que jamais-, tu en retrouveras une liste sur ce site. Mais j’aimerais revenir sur une seule raison, qui à mon sens prévaut sur toutes, mais qui pourtant n’est que rarement abordée.

Tuer la liberté d’expression

Peut-être que même après avoir pris connaissance de cette liste d’arguments, tu n’es pas convaincu. Oublions la collecte de données massive opérée par les principaux réseaux sociaux et moteurs de recherche, et concentrons nous sur les agences de surveillance. Le 6 juin 2013, Edward Snowden (Amen) rendait publique, avec la collaboration de Wikileaks, des centaines de pages de documents attestant d’une surveillance massive sur tous les réseaux de communication opérée par le gouvernement Américain. Il s’est ainsi octroyé la figure par excellence du lanceur d’alerte, avec Chelsea Manning. Cette surveillance de masse est clairement une atteinte à la liberté d’expression. Les lanceurs d’alerte sont très souvent terrorisés à l’idée de révéler leurs informations. Ils ne sont souvent pas protégés, et leur vie entière en est irrémédiablement impactée. Aujourd’hui, communiquer des informations de manière anonyme, sans qu’elles soient passées au crible par une agence gouvernementale, est complexe et souvent réservé aux initiés. Pourtant, il devrait être possible à chacun, où qu’il soit, et en particulier dans les pays libres, de dire ce qu’il veut de manière sûre, et surtout anonyme. Il est aisé de faire passer de simples révélations pour du terrorisme, de la trahison, etc… Et ainsi d’étouffer une affaire en arrêtant un lanceur en pleine course.  D’autant plus avec les législations actuelles. Et il ne suffit pas au lanceur d’alerte de se protéger lui-même. Tout l’organisme, tout le réseau est corrompu, et comme pour une maladie, ce n’est que si tout le monde se soigne que l’épidémie peut cesser. Car indirectement, de par ta passivité, tu laisses les gouvernement tout savoir sur la presse, les lanceurs d’alertes, leurs citoyens. Une belle liberté, sous prétexte de sécurité…

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